Solo
d'acteur de, et avec, André Le Hir
Premier amour n'est pas une pièce de théâtre,
mais une courte nouvelle, écrite directement en français, où
un homme raconte, précisément, ses premiers émois, mais pas
exactement sur le registre sentimental auquel le thème invite.
L'histoire même, assez ébouriffante, peut se résumer rapidement
: chassé à la mort de son père de la maison familiale, le narrateur
rencontre, dans un cimetière qu'il affectionne, une femme qui
finit par lui proposer un gîte. Il soupçonne qu'il est amoureux,
il affirme qu'elle est prostituée. Quand naît leur enfant, il
s'enfuit. C'est aussi beau qu'un roman-photo. Mais c'est plus
rigolo.
Envie d'associer sa voix aux mots de Samuel
Beckett, dans un bizarre enthousiasme d'enfant qui vient
de faire le bien et le mal dans un même élan, et
qui n'en retire ni fierté, ni honte.
Envie de parler de choses vérifiées et à jamais invérifiables : la vie, l'amour, la mort et " autre foirades ".
Envie de rire dans l'aveu de l'infirmité à être au monde...
Avec l'enthousiasme désespéré de l'acteur solitaire en proie à la nécessité de dire, de la même façon que Samuel Beckett pouvait avouer, un peu honteux, son obsession à écrire le monde.
" Spirale effrénée
trouée de silences, ivresse du langage, le verbe est
chair, chair prise de frénésie mais chaude et
palpitante. Ce verbe somptueux dit la solitude, l'impossible
et misérable amour, la monstruosité, le scandale
de l'Autre. "
La Marseillaise, novembre 1997